Figure emblématique de la lutte féminine au Sénégal et plusieurs fois championne d’Afrique, elle a participé aux JO de Londres 2012 et Rio 2016. Aujourd’hui coach, Isabelle Sambou encourage particulièrement les jeunes filles à pratiquer ce sport, encore majoritairement masculin.
Située à Pikine, en banlieue de Dakar, l’Arène Nationale du Sénégal est l’un des bâtiments sportifs les plus impressionnants du pays, voire de l’Afrique de l’Ouest. Avec 18 000 m³ de surface et une capacité d’accueil de 20 000 spectateurs, la bâtisse a été conçue pour rendre hommage au sport le plus populaire du Sénégal.
Isabelle Sambou connaît chaque recoin de cet édifice. Neuf fois championne d’Afrique, championne du monde de lutte de plage en 2009, qualifiée aux Jeux Olympiques de Londres 2012 et Rio 2016, elle a régné sur cet édifice et sur la discipline pendant plusieurs décennies. Lorsqu’elle débute officiellement la compétition en 1999, elle est alors l’une des seules femmes africaines à s’imposer dans les compétitions internationales.
Aujourd’hui retirée de la compétition de haut-niveau, elle reste à proximité de l’aire de combat centrale de l’arène nationale. Mais Isabelle Sambou ne foule plus le sable : elle se déplace désormais en coulisses, dans les salles d’entraînement. C’est là que l’ancienne championne d’Afrique entraîne une dizaine de jeunes chaque semaine.
Transmettre et susciter des vocations
Avec patience, fermeté et bienveillance, Isabelle Sambou encadre les apprenties lutteuses et tente de leur transmettre la passion qui l’anime depuis l’enfance. Mais avant de se lancer, le rituel est toujours le même : pour débuter l’entraînement, il faut d’abord se débarrasser de tous les accessoires susceptibles de créer des blessures : bagues, anneaux, piercings, bracelets… D’un œil aiguisé, Isabelle Sambou passe en revue les troupes, s’assure que tous les artifices ont bien été retirés. Ses élèves, qui ne forment qu’une seule file silencieuse et droite pendant l’inspection, attendent la sentence.
L’inspection terminée, la session d’entraînement peut enfin commencer. Pendant de longues minutes, le groupe enchaine roulades, courses, étirements. Isabelle Sambou supervise d’une voix ferme les exercices, où se mêlent souplesse, mobilité du corps et stabilité. Les mouvements ciblent particulièrement les jambes, le dos et les épaules, des zones très sollicitées pendant les combats. Une fois que les muscles sont échauffés, les combats de trois minutes s’enchaînent.
Dans un groupe majoritairement composé de filles, Isabelle Sambou se félicite de pouvoir transmettre ses connaissances à la nouvelle génération. “Je suis revenue au Sénégal pour former les jeunes. Et surtout les filles. Chez moi, en Casamance, on a l’habitude de voir les filles lutter. Mais pas à Dakar. Donc j’espère que demain il y aura d’autres Isabelle Sambou ici”, explique-t-elle.
Une tradition familiale
Originaire de Casamance, Isabelle Sambou vit aujourd’hui entre Ziguinchor et Bambilor, une commune située dans le département de Rufisque. C’est là que vivent sa mère et sa soeur. Comme elle, elles ont lutté plus jeunes. Mais Isabelle Sambou est la seule à avoir pu faire de la lutte au plus haut niveau. De quoi rendre fière sa maman.
“J’étais lutteuse mais je n’ai jamais pu faire de compétition. Quand Isabelle m’a dit qu’elle voulait faire de la lutte comme moi, j’étais contente. Ensuite elle a commencé à remporter des combats et rapporter des médailles. En tant que maman, c’est une fierté”, raconte sa mère.
Aujourd’hui, riche de sa carrière professionnelle au plus haut niveau, Isabelle Sambou encourage les jeunes filles à pratiquer un sport, qu’il s’agisse de la lutte ou de toute autre discipline.


